Azote sur blé : fractionnement du second apport recommandé en l’absence de pluie

region_nord6L’arrivée du stade épi 1 cm annonce le déclenchement des deuxièmes apports d’azote sur blé. Peu de précipitations sont prévues dans les prochains jours. Le point sur la stratégie de fertilisation à adopter.

Après les records de douceur enregistrés depuis les semis, l’hiver semble vouloir prendre une petite revanche, avec, ces derniers jours, des températures assez peu élevées pour la saison. Conséquence : en Champagne-Ardenne, la majorité des parcelles de blé arrivera à épi 1 cm entre le 18 et le 28 mars. Assez peu de précipitations sont annoncées dans les 10-15 prochains jours, ce qui peut occasionner des pertes importantes d’azote par volatilisation, notamment pour des apports réalisés en solution azotée [15 à 20 % de pertes] sur sols calcaires, avec un temps sec et venteux dans les 4 à 7 jours suivants l’application.

Augmenter l’efficacité des engrais en fractionnant le second apport

Pour minimiser ces pertes, l’une des alternatives est de répartir le risque climatique en fractionnant le second apport autour du stade épi 1 cm, pour tenter d’éviter les conditions météorologiques défavorables. L’idée est d’intervenir au stade épi 1 cm [70-80 kg N/ha], ou en l’anticipant de quelques jours, puis de ré-intervenir vers le stade 1 à 2 nœuds. Cette stratégie de fractionnement a été testée dans de nombreux essais depuis quatre ans. La synthèse des résultats de ces essais met en évidence qu’il s’agit d’une stratégie gagnante : + 1,2 q/ha et + 0,2 % de protéines en moyenne, comparativement à une stratégie classique en trois apports [figure 1]. L’effet de ce fractionnement en quatre apports est d’autant plus positif en cas de temps sec durant la montaison et/ou de risque de verse.

Si vous optez pour ce type de type de fractionnement, il est important que le solde de votre second apport soit épandu au plus tard au stade 2 nœuds, ceci dans l’objectif de réaliser un diagnostic de nutrition azotée pertinent à la fin de la montaison, c’est-à-dire au stade dernière feuille étalée.


Figure 1 : Intérêt d’un fractionnement en 4 apports, comparé à une stratégie en 3 apports

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Source : essais ARVALIS et partenaires 2012 à 2015

Année atypique, pilotage systématique !

Cette année est atypique à plusieurs titres : peu de pluies, minéralisation et reliquats azotés en sortie d’hiver élevés, quantités d’azote absorbées par les céréales pendant l’hiver assez importantes. Dans la méthode du bilan, ces différents éléments conduisent assez souvent à des doses totales d’azote prévisionnelles moyennes à faibles.

De nombreux essais ont démontré que la dose totale d’azote calculée a priori par la méthode du bilan ne permet d’être à la dose optimale a posteriori que dans 1/3 des situations.

Pour doubler les chances d’appliquer la bonne dose d’azote, correspondant aux besoins réels des cultures en fonction du scénario climatique de l’année, il est vivement conseillé de piloter le dernier apport d’azote.

Ceci est d’autant plus pertinent en cas de doses totales faibles et/ou de campagne atypique, comme cette année. En cas de doses totales prévisionnelles très faibles [<150 kg N/ha], il est conseillé d’épandre l’intégralité de la dose totale prévisionnelle avant le stade 2 nœuds, afin de garantir une alimentation azotée suffisante en début de montaison. L’objectif étant de parvenir à un optimum de rendement et de teneur en protéines. Les outils de pilotage tels que Farmstar Expert® ou la pince N-Tester® répondent parfaitement à cette nécessité de pilotage au stade dernière feuille étalée.

Alexis DECARRIER, Mélanie FRANCHE, Philippe HAUPRICH (ARVALIS – Institut du végétal)

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